Les bâtiments et les lieux d’intérêt de notre patrimoine nous relient à notre histoire, à nos communautés et aux lieux qui façonnent notre identité collective. C’est en 1857 que la reine Victoria choisit Ottawa comme capitale de la Province du Canada, donnant le coup d’envoi à la transformation de ce qui était alors une ville forestière rudimentaire en siège du gouvernement, grâce au travail d’architectes, d’ingénieurs et de tailleurs de pierre.
Cette visite retrace justement cette transformation à travers sept arrêts dans le Quartier DAC. Vous y découvrirez des tours néogothiques, un hôtel aux allures de château construit par une victime du Titanic, les Célèbres cinq immortalisées dans le bronze et un photographe portraitiste dont le studio se trouvait dans une suite d’hôtel. Chaque arrêt révèle un morceau de l’histoire d’Ottawa et de son évolution comme capitale.
7 arrêts · +/- 1 km · 45 – 60 minutes
Note : la plupart des arrêts sont extérieurs. En raison des importants travaux en cours au complexe parlementaire, l’accès à certaines zones peut être restreint. Consultez parl.ca pour les informations quant aux visites.
Une visite des environs du Parlement d’Ottawa dans le Quartier DAC
1. Lieu historique national de la Colline-du-Parlement — 111, rue Wellington the Gothic Revival style.
Le Parlement du Canada est le point de départ de cette visite et, à bien des égards, de l’histoire de la capitale. Le premier édifice, l’édifice du Centre, a été construit entre 1859 et 1865 par les architectes Thomas Fuller et Thomas Stent, dans le style néogothique. C’était un choix délibéré de s’inspirer de Westminster, une façon d’affirmer les ambitions du Dominion. L’ensemble de la Cité parlementaire a été désigné lieu historique national en 1987. En pleine Première Guerre mondiale, dans la nuit du 3 février 1916, le Centre est ravagé par un incendie. Seule la magnifique Bibliothèque du Parlement est épargnée, protégée par ses lourdes portes coupe-feu en fer. Pendant quatre ans, le Parlement a siégé dans l’édifice commémoratif Victoria, qui abrite aujourd’hui le Musée canadien de la nature, le temps de reconstruire le Centre. La Tour de la Paix, l’élément le plus reconnaissable du bâtiment, n’est achevée qu’en 1928. Aujourd’hui, la Cité fait l’objet de ses plus importants travaux de rénovation depuis sa reconstruction. La Chambre des communes siège maintenant dans l’édifice de l’Ouest, tandis que le Sénat siège dans l’ancienne gare Union, restaurée, sur la rue Rideau.
2. Lieu historique national du Canada du Bureau-du-Premier-ministre-et-du-Conseil-privé — 80 Wellington St.
De l’autre côté de la rue Wellington, vous vous trouverez au pied de l’édifice Bureau-du-Premier-ministre-et-du-Conseil-privé. Conçu par Thomas Fuller, l’architecte en chef du Dominion qui a aussi signé le Centre original, cet édifice en pierre calcaire a été construit entre 1883 et 1889 dans le style Second Empire. Il se distingue par son toit mansardé en cuivre et est désigné lieu historique national en 1977. L’influence de Fuller se fait sentir partout dans la Cité parlementaire et peu d’architectes ont laissé une empreinte aussi importante sur notre paysage.
3. Lieu historique national du Canada de la Place-de-la-Confédération — rue Elgin, à l’intersection de Wellington
Continuez vers l’est sur la rue Wellington jusqu’à la place de la Confédération, désignée lieu historique national en 1990. Vous y trouverez au centre le Monument commémoratif de guerre du Canada, conçu par Vernon March et ses frères et sœurs à Farnborough, dans le Kent, en Angleterre. Ils l’ont appelé « la réponse généreuse du Canada ». Le roi George VI l’inaugure lors de sa visite royale à Ottawa en 1939, quelques mois seulement avant le début de la Seconde Guerre mondiale. À l’origine, il rendait hommage aux personnes tombées au combat pendant la Première Guerre mondiale, mais il a depuis été redédié pour commémorer aussi celles et ceux qui ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée, la guerre d’Afrique du Sud et la guerre en Afghanistan. En 2000, la Tombe du soldat inconnu a été aménagée au pied du Monument pour rendre hommage aux personnes dont le lieu de repos demeure inconnu. Chaque année, le 11 novembre à 11 h, une cérémonie du jour du Souvenir y prend place.
4. Lieu historique national du Château-Laurier — 1, rue Rideau
Continuez vers l’est après le Monument et vous verrez apparaître devant vous le Château Laurier, l’un des hôtels les plus emblématiques du Canada. Les architectes Ross et MacFarlane l’ont conçu dans le style château de la Renaissance française, et sa construction a été réalisée par le Grand Trunk Railway (parfois appelé « Grand Tronc du Canada ») entre 1908 et 1912. Derrière ce projet se trouvait Charles Melville Hays, président du Grand Trunk, qui construisait un chemin de fer d’un bout à l’autre du pays, tout en faisant bâtir de grands hôtels le long du parcours. Hays était un ami du premier ministre Wilfrid Laurier, dont l’hôtel porte le nom. En avril 1912, Hays rentrait d’Angleterre à bord du Titanic, avec de la vaisselle et du mobilier destinés à son hôtel presque terminé. Il n’a pas survécu au naufrage. Le Château Laurier a ouvert ses portes deux mois plus tard, le 1er juin 1912. Il a été désigné lieu historique national en 1980-1981. Découvrez les photographies de Yousuf Karsh dans le hall. Le Château Laurier a abrité pendant plusieurs décennies le studio et la résidence de ce célèbre photographe portraitiste.
5. L'édifice du Sénat du Canada qui était à l'origine la gare Union d'Ottawa — 2, rue Rideau
Juste à côté du Château Laurier se trouve l’ancienne gare Union, conçue dans le style Beaux-Arts par les mêmes architectes, Ross et MacFarlane, et construite par le Grand Trunk Railway sous la direction de Hays entre 1909 et 1912. À l’origine nommée gare centrale du Grand Trunk, elle reçoit le nom gare Union en 1920, sous la direction du Canadien National. Elle demeure la principale gare pour Ottawa jusqu’en 1966. Le bâtiment est rénové entre 2014 et 2018 afin d’accueillir le Sénat du Canada pendant les travaux de rénovation de la Colline du Parlement. Il est désigné édifice fédéral du patrimoine classé en 1989. À l’angle de la rue Rideau et de la promenade Sussex, les deux bâtiments se font face : l’hôtel et la gare, conçus comme un duo et inaugurés le même jour, par un architecte qui n’aura jamais vu l’un ou l’autre terminé.
6. Le monument Les femmes sont des personnes ! — pont Plaza, près du Sénat du Canada
À quelques pas de l’entrée du Sénat, surplombant le canal Rideau, se trouve une sculpture en bronze de l’artiste d’Edmonton Barbara Paterson, installée en 2000. Elle représente les Célèbres Cinq : Irene Parlby, Louise McKinney, Nellie McClung, Emily Murphy et Henrietta Muir Edwards, ici réunies autour d’une tasse de thé symbolique. Toutes cinq étaient originaires de l’Alberta. En 1927, elles demandent à la Cour suprême du Canada de déterminer si les femmes dont des « personnes » au sens de la loi et pourraient donc siéger au Sénat. La Cour répond que non. Le 18 octobre 1929, le Comité judiciaire du Conseil privé, à Londres, renverse la décision. La sculpture figure aujourd’hui sur notre billet de 50 dollars. Paterson a également créé une œuvre complémentaire pour l’Olympic Plaza, à Calgary. C’est un monument qui rappelle que le pouvoir n’a de sens que lorsqu’il est partagé.
7. Buste de Yousuf Karsh, à l’intersection Wellington et Mackenzie, près du Château Laurier
Notre visite se termine là où le portrait rencontre l’architecture. Ce buste en bronze de Yousuf Karsh (1908–2002), dévoilé le 9 juin 2017, est réalisé par Megerditch Tarakdjian, avec l’ingénierie de Souren Hadjian. Photographe canado-arménien, Karsh est l’un des portraitistes les plus célèbres du XXe siècle. Son studio et son logement se trouvaient au Château Laurier pendant de nombreuses années, et plusieurs de ses photographies les plus célèbres, dont ses portraits de Winston Churchill et de Georgia O’Keeffe, sont toujours exposées à l’intérieur de l’hôtel. Le buste se trouve à l’intersection de la rue Wellington et de l’avenue Mackenzie. Faites le bilan sur ce contexte parfait : derrière vous, l’architecture de la capitale et devant vous, le portraitiste qui a immortalisé les gens qui ont façonné Ottawa.